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Aurore Sand sa petite fille

George Sand et ses amis
29 mai 2017
George Sand par Henri Amic
29 mai 2017
 

Aurore Sand se petite fille


Petite fille de George Sand, elle a su transmettre l'oeuvre, le souvenir, l'histoire de sa grand-mère.



Jeanne Claudine Aurore Dudevant est née à Nohant le 10 janvier 1866.
Elle est la fille de Maurice Dudevant et de Lina Calamatta, et la petite-fille de George Sand. En 1889 Aurore épouse le peintre de talent Frédéric Lauth.
Indépendante, battante, elle multiplie les initiatives concernant sa grand-mère.
A la mort de sa soeur Gabrielle, survenue le 27 juin 1909, Aurore, qui est usufruitière, continue d'occuper le château de Nohant.
L'Académie Française ayant finalement renoncé au legs de Gabrielle Sand, Aurore offre la vieille maison à l'état français, en 1952.
Devenue veuve et sans enfant, Aurore adopte tardivement, en 1958, son filleul, Georges Smeets, fils de son amie Marthe Bray, lui donnant le droit de porter le nom de Dudevant-Sand et le chargeant d'une véritable mission de confiance envers la mémoire de la famille.
Aurore Sand est décédée à Nohant dans sa chambre au premier étage, en septembre 1961. Elle est inhumée aux côtés des siens, dans le cimetière familial.
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Aurore par George Sand

Ma passion dominante, en somme, c'est mon Aurore.
Ma vie est suspendue à la sienne... c'est ma vie et mon idéal que cet enfant.
Tout mon passé, tout ce que j'ai pu acquérir ou produire n'a de valeur à mes-yeux que celle qui peut lui profiter...
Aurore me console et me charme...

Lettre de George Sand à Gustave Flaubert.

Contes d'une grand-mère

A mademoiselle Aurore Sand,
Puisque à présent tu sais lire, ma chérie, je t'écris les contes que je te disais pour t'instruire un tout petit peu en t'amusant le plus possible.
Tu apprends ainsi des mots, des choses qui sont nouvelles pour toi. Je me décide à publier un de ces contes pour que d'autres enfants puissent en profiter aussi : leurs parents ne m'en sauront point mauvais gré.
Ta grand-mère.

Dédicace de George Sand, sur le livre Contes d'une grand mère.

George par Aurore Sand

Ils servaient le même idéal, et rien ne lie davantage les hommes que cet amour-là, auquel ils atteignent par la consécration qu’ils lui font de leur vie...
Qu’importent ce qu’ils souffrirent par les autres, l’un par l’autre et l’un pour l’autre durant leur courte vie.
Ils s’aimèrent, il s’admirèrent, ils servirent, l’un comme l’autre, la beauté qu’ils trouvèrent l’un dans l’autre !

Aurore Lauth-Sand. Il n’y a pas plus beau que ces mots d’Aurore Sand pour décrire l’amour qui a uni George Sand et Frédéric Chopin.

George Sand par sa petite fille Aurore

Aurore Sand évoque ses souvenirs de petite fille
dans une interview alors qu'elle est âgée de 95 ans.
Interview collection INA
 

Lettre de George Sand à sa petite fille Aurore Sand, dit Lolo.

Ma Lolo chérie.
Je ferai partir demain une caisse à ton adresse. Tu y trouveras :
Un tombereau de jardin pour toi et pour Titite, si le sien est cassé, et si elle ne trouve pas celui-là trop grand. Tu me le diras et j’en apporterai un second, selon le choix que vous aurez fait. Deux poupées qu’on peut peigner : la petite habillée pour Titite, la seconde, plus grande pour toi.
Deux ombrelles roses pour vous deux.
Une ombrelle-parapluie pour toi.
Un serpent pour Titite.
Deux bébés en caoutchouc, le plus grand pour toi.
Les polichinelles de la marchande sont laids et incommodes ; je chercherai ailleurs et je porterai ce que je pourrai. Je vous bige à mort ; je m’ennuie bien sans vous, mais je ne resterai pas longtemps à Paris.
Aimez toujours votre bonne mè, qui vous chérit.

George Sand, Paris lettre du 27 avril 1873.

Une dernière exposition sur George Sand

Paris le 1er décembre 1956, Aurore Sand devant des gravures représentant Frédéric Chopin, Frantz Listz, George Sand auprès de Listz, Alfred de Musset, et dans les mains d'Aurore Sand un petit tableau représentant Arlequin et Pierrot sur le théâtre de Nohant par Maurice Sand.
Le vieil immeuble du 11 de la rue Jean-Ferrandi où Aurore Sand avait réuni une précieuse collection, va être livré à la pioche des démolisseurs.
Auparavant ces souvenirs de George Sand et de ses amis Chopin, Delacroix, Listz, Flaubert; sont présentés une dernière fois au public, jusqu'au 9 décembre 1956.
 
Aurore Sand chez elle2
Aurore Lauth-Sand est ici photographiée dans son appartement, rue Jean Ferrandi, à Paris 6e arr en 1927, avec un portrait de sa grand-mère. (BHVP)

Mes souvenirs


Rien n'est triste ici; George aimait les fleurs, les oiseaux, la musique et toute la nature.
Ses contemporains, à l'époque romantique, nous ont dit dans leurs mémoires, qu'elle habitait soit rue Pigalle ou le « square d'Orléans », ou son appartement était garni de meubles en chêne sculpté et toujours orné de fleurs fraîches.
Elle aima les fleurs jusqu'à devenir un botaniste savant.
Cependant elle resta femme pour parer sa magnifique chevelure de fleurs du jardin ou de celles des champs, comme nous le montre le peintre Auguste Charpentier dans son portrait de 1838.

Aurore Lauth-Sand
Aurore Sand chez elle
Aurore Lauth-Sand en 1927 à Paris. (BHVP)

Mes souvenirs


J'avais laissé le beau portrait de George Sand dans mon salon mettant tous ses souvenirs sous sa protection.
Aurore Sand, à Nohant 1931.

On rend hommage, et parfois chaleureusement à ma vénérée George, je l'ai servi, de mon mieux toujours et ceux qui s'en aperçoivent sont mes amis.
Aurore Sand, à Nohant le 8 juin 1954.

 

La Vallée Noire


Stèle qui s'élève en haut de la côte de Corlay pour situer le début de La Vallée Noire de George Sand
La nature...n'est ni farouche ni prévenante dans la Vallée-Noire elle est tranquille, sereine, et muette sous un sourire de bonté mystérieuse [...] On peut dire de cette nature qu'elle possède une aménité grave, une majesté forte et douce, et qu'elle semble dire à l'étranger qui la contemple : «Regarde-moi si tu veux, peu m'importe. Si tu passes, bon voyage ; si tu restes, tant mieux pour toi.»

George Sand, extrait de La Vallée Noire

Mes souvenirs


Je voudrais que, comme moi, vous puissiez l'avoir vue aller de son pas feutré, assez rapide, lorsqu'elle montait le grand escalier où, enfant elle avait gambadé, où, plus tard, elle montait à sa chambre, un bougeoir à la main et de l'autre main, me soutenait...
Sa voix était douce, un peu basse, ses beaux yeux très sombres, sa belle figure sérieuse, souvent pensive, s'éclairait parfois d'un sourire paisible qui indiquait l'harmonie faite en elle, après une vie de lutte et de courage ; car si George Sand a connu la célébrité et la gloire, elle était de la race des « victorieux » de son ascendance, avec aussi, la philosophie des sages qu'elle avait acquise.

Aurore Sand sa petite fille.
 
 
 

Le 8 Août 1961 à Gargilesse, retranscription de l'interview d'Aurore Sand


Reportage à Gargilesse où vit Aurore Sand petite fille de George Sand. Celle-ci évoque sa célèbre grand-mère dont elle a des souvenirs très précis. C'est dans un salon de style Louis XVI de campagne dans l'esprit du salon de Nohant, Aurore Sand reçoit un journaliste.
Vêtue d'un petit gilet et d'un petit foulard noué autour du coup, élégante, simple, une petite barrette dans ses cheveux blancs et une magnifique bague à la main droite. Elle est confortablement assise dans un fauteuil de table, d'un côté une petite table haute, de l'autre l'intervieweur, assit lui aussi dans un fauteuil.
  L'air réfléchie, douce, le doigt pensant posé délicatement sur le côté du menton, Aurore Sand tout en regardant les lignes de la main du journaliste, interprète sa vision :
« Vous avez une main qui révèle beaucoup d'aptitudes artistiques, c'est d'abord les choses qui me frappent le plus dans votre plan de lignes. »

L'interview commence.
  Vous l'avez connu jusqu'à l'âge de dix ans, vous, madame ?
Tout en inclinant la tête en signe d'acceptation, Aurore prend la parole
«  Monsieur, j'avais dix ans lorsqu'elle est morte et c'est elle pour ainsi dire qui m'a élevée complètement. »
  Comment vous en souvenez vous ? (Il faut savoir que Aurore Sand a quatre vingt quinze ans lors de l'entretien.)
«  Très bien, comme si elle était là entre nous, très calme, très brune avec des cheveux blanc, très simple, très peu parlante. Elle écoutait, elle répondait, mais elle ne se jetait pas dans des discussions même entre la famille et elle. Ça restait toujours une chose extrêmement pondérée, raisonnable (chaque mot est marqué par un geste de la main pour accentuer leurs forces) et pour ainsi dire venant d'un esprit qui jugeait toute chose mais qui était bienveillant. ( Bienveillant, réaffirmé gestuellement par l'index dressé.)
  Avez vous connu des illustres visiteurs de Nohant ?
  «  Oui certainement, j'ai connu beaucoup Flaubert, beaucoup le prince Napoléon qui était mon parrain, et elle, était ma marraine. »
  Il est évident, et tout le monde le sait maintenant, que George Sand dans son oeuvre littéraire était à l'avant garde des progrès; c'était un auteur d'avant-garde.
  «  Elle était tout à fait comme vous dites à l'avant-garde, elle était surtout une personne qui voyait en avant. Elle ne brisait rien, elle ne cassait rien, elle a même écrit des choses sur le pourquoi des femmes à l'académie, qui répondait ( tout en avançant la main avec un geste répété) à des questions qu'on lui avaient posées, et où on lui avait offert d'entrer à l'académie. Mais elle était pourtant par son esprit très libérale et par sa conduite très franche et très peu cachée, ce qui faisait dire beaucoup de choses qui étaient inexactes la plupart du temps, et en même temps qui partaient toujours d'une critique, car elle a été beaucoup critiquée, et si elle est beaucoup aimée, même maintenant, c'est que les femmes commencent à comprendre quels services elle leurs a rendus. » (Aurore Sand toujours assise, dresse son dos pour affirmer ses propos.)
  Est-elle vraiment une aristocrate de gauche ?
Aurore Sand n'ayant pas bien entendue la question.
«  Elle était ? »
  Il reprend, tout en fumant. Est-elle vraiment une aristocrate de gauche ?
  « Ah toujours ! Elle était très grande dame, mais très simple. » 
Elle le devait à sa double origine, son origine aristocrate d'une part et aussi son origine populaire, puisqu'elle avait tout de même eu une origine...( Tout en faisant un signe de la tête pour dire oui, Aurore touche du bout des doigts des papiers devant elle, impatiente de répondre).
  «  Elle avait une origine populaire par sa mère (le ton est sûr, marqué, le timbre de la voie plus fort), sa mère était la fille d'un oiselier que l'on appelait un maître paumier, c'est à dire qu'il vendait des oiseaux puis des balles pour jouer à la...( Aurore Sand le bras dressé fait un geste de la main, ouverte fermée. En même temps amusée d'elle même, avec un regard qui cherche la complicité du journaliste pour l'aider à trouver le nom du jeu dont elle a oublié le nom, elle réfléchit) une sorte de...jeu de paume. »
  C'est cela oui.
  « N'est-ce pas. Mais elle avait était élevé par sa grand-mère, qui était amie avec tous les philosophes du 18ème siècle qui venaient chez elle. »
  Si il fallait la situer maintenant dans la littérature moderne.
  « Ce qu'elle est ? » Aurore Sand n'entend pas bien.
  Ce qu'elle serait dans la littérature moderne actuelle ?
  «  Oh elle serait... » coupée par le journaliste.
Est ce que vous pensez qu'elle serait par exemple un auteur de science fiction ?
  «  Certainement, elle serait pour toutes les choses nouvelles qui se forment, qui se crées et même pour le voyage dans la lune. »
  La fumée ne vous gène pas Madame ?
  «  Ah pas du tout. » Souriante et amusée de la question.
  Vous avez eu l'habitude ? Aurore Sand sourit, disant oui de la tête. Il reprend. Dès votre plus jeune âge.
  « Très habituée à vivre dans la fumée de cigarette. »
  Pourquoi ? Parce que George Sand fumait ?
«  Elle fumait beaucoup. Elle fumait surtout quand elle travaillait, et quand elle ne travaillait pas, et qu'elle était forcée de recevoir quelqu'un au salon, elle descendait pour recevoir. Elle ne recevait jamais dans son bureau ; là où elle travaillait, elle ne recevait jamais personne, mais alors elle descendait au salon ( dans ses paroles on sent qu'Aurore Sand a vécu un grand nombre de fois la scène, ses yeux brillent comme une enfant racontant son histoire.) et de temps en temps, elle s'esquivait, elle allait fumer une cigarette dans la salle à côté ( faisant un signe de la main en indiquant la direction de la pièce sur sa gauche, comme si elle était assise au salon à Nohant indiquant la salle à manger) dans la salle à manger, vous verrez comme elle est...et tout, elle revenait pour recevoir sa visite.
  Aurore Sand songeuse prend la parole :
  «  Voyez vous, il y a autour de sa personne beaucoup d'erreurs et surtout une erreur de non compréhension de son caractère, c'est surtout ça qui est triste (tout en pointant du doigt en signe de mécontentement) pour la famille que moi je représente ; c'est que jamais on ne donne la note juste de cette nature qui était en même temps extrêmement cultivée, même par elle même, extrêmement noble naturellement ( insistant bien sur chaque mot) et extrêmement discrète sur toute chose qui n était pas une chose qui sautait au yeux, d'une société bienveillante ou non, elle ne s'en occupait pas, elle vivait. Et d'une manière toujours très sage, toutes les choses de passion, n'est-ce pas, qu'elle ressenti,  elle ne s’ est jamais cachée de rien, elle ne s'est jamais défendue (la main en l'air battant le vent, Aurore Sand marque ses mots d'un geste de laissé allé).
  Le journaliste reprend une dernière question : Chopin a résidé avec elle à Nohant ?
«  Qui ? »
  Chopin a résidé avec elle à Nohant ? 
«  Pendant sept ans. Chopin était un malade ( l'air grave, elle poursuit) génial au point de vue musicale mais au point de vue caractère on pourrait presque dire insupportable. Elle le traitait plutôt comme un malade, comme un enfant et comme un génie. Elle a fait pour lui des choses extraordinaire; elle a exposé sa vie, exposé la vie de ses deux enfants dans ce voyage à Majorque où elle a tout soutenu elle-même, ça n'a pas laissé de trace chez Chopin. Chopin quand il a eu assez ou pas assez d'adulation du côté mondain, comme il était fait pour en avoir (court silence, haussant les épaules, les lèvres un peu pincées, le visage désolé, elle reprend) il est parti.
  Fin de l'interview.  
 

Le Berry de George Sand, par Aurore Sand.


George Sand habita successivement les différents appartements de la maison.
D’abord, avec son mari, celui de sa grand-mère Mme Dupin de Francueil, au rez-de chaussée, puis celui au-dessus, et enfin, toujours sur le jardin, au midi, l’appartement de droite. C’est dans celui-ci qu’elle mourut . La chambre était tendue d’un papier à fond bleu sur lequel des médaillons gris représentent une bacchante et un petit faune.
Les rideaux du lit, ceux des fenêtres et des portières sont en cretonne du même dessin et de même couleur. Ce bleu robuste étonne au premier moment avec sa décoration de style Directoire, mais sans doute, ce style même rappelle à ma grand-mère des souvenirs d’enfance.
Son lit est simple, en noyer: dans un angle . Près du lit, une chaise basse recouverte de même étoffe que le reste de l’ameublement, ainsi que trois fauteuils à médaillon et une petite bergère . Au milieu, une table recouverte d’un tapis de drap brodé . En face de la cheminée, le grand canapé-lit où je dormais de temps à autre . Près de la fenêtre une commode «demi-lune» Louis XVI, qui lui fut donnée par Chopin . A droite, à côté de la cheminée, un secrétaire Louis XVI, très simple, très pur de style, dans lequel George Sand mettait ses bijoux. Au-dessus est suspendu le violon de Maurice Dupin au son duquel elle naquit. A gauche, un petit chiffonnier en marqueterie de couleur, et sur ce joli petit meuble, une boîte indienne . Sur la table, le coffret à bijoux d’Aurore de Saxe à ses armes(les deux flèches croisées de Saxe).
Sur la cheminée, une pendule, deux potiches de Chine, deux chandeliers et deux statuettes en plâtre. Aux murs sont les portraits et les gouaches du temps de la grand-mère.
Au dessus de la cheminée, c’est le portrait du maréchal, pastel par La Tour, avec son bon sourire et ses yeux clairs. A droite c’est un dessin : Le maréchal à cheval. A gauche, un pastel : Aurore de Saxe assise dans un jardin avec son fils Maurice, enfant.
Puis Mme Maurice Dupin dessinée par sa fille George Sand, Maurice Dupin dessiné par le général Lejeune, un autre dessin de George Sand représentant Maurice Sand enfant, en costume militaire, avec une inscription, et des photographies de mon père, de ma mère, de ma soeur et de moi. Sous verre, des herbes séchées envoyées pour la fête par son vieil ami « Chrisni », d’autres encore, portant cette inscription de sa main : « Fontainebleau, août 1837 », une esquisse et le daguerréotype de Nini, la fille de Solange Clésinger, que George Sand a tant aimée.
Sous verre encore, un morceau du papier qui ornait la chambre voisine de celle de ma grand-mère, habitée par Chopin avant d’être transformée en bibliothèque. Enfin, cette chambre pleine de souvenirs était un endroit paisible, élégant et bien rangé.
George Sand se coiffait devant la fenêtre, assise à une table surmontée d’un petit miroir à pied. Que de moments j’ai passés, pendant qu’elle tordait ses cheveux, près d’elle, sur un coffret recouvert de sparterie où étaient ses dentelles ! Que de fois, à côté d’elle, penchée au-dessus de la commode, j’ai senti l’odeur fine du petit pot rempli d’une pâte musquée qu’elle tenait de sa grand-mère, et qu’elle conservait dans son linge.
Ce que je connaissais bien, c’était la boîte indienne . J’ignore ce qu’elle contenait, et tout son attrait consistait dans la serrure . La clé en tournant faisait grincer bizarrement deux notes. Elles étaient plaintives, étranges . . . Cette boîte est encore là, il m’arrive encore d’en tourner la clé pour entendre ce petit bruit évocateur, triste et doux . . . mais je n’entends plus la voix chérie me répondre comme autrefois lorsque je lui demandais d’y toucher: « Oui, mon trésor ! »

Aurore Sand
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